Ultra-marathon et cancer du côlon : mise à jour après la publication de l’étude complète
Ultra-endurance et adénomes avancés du côlon : ce que change réellement la publication de l’étude américain
Une première alerte largement relayée sur les réseaux sociaux
En 2025, une étude américaine présentée au congrès de l’American Society of Clinical Oncology avait suscité de nombreuses réactions. Les chercheurs rapportaient une fréquence élevée d’adénomes avancés chez des coureurs ayant participé à plusieurs marathons ou ultramarathons.
Les résultats avaient rapidement été présentés sous des titres évoquant un possible « risque de cancer du côlon chez les ultramarathoniens ». Pourtant, à ce moment-là, les informations disponibles provenaient essentiellement d’un résumé de congrès et d’un communiqué institutionnel. Les méthodes détaillées, les caractéristiques exactes des participants et les analyses complètes n’étaient pas encore disponibles.
L’article définitif est désormais publié dans la revue Cancer Epidemiology sous le titre :
Advanced adenomas among young endurance runners: A prospective hypothesis-generating prevalence study.
Cette publication permet de corriger certaines critiques formulées initialement, mais également de préciser celles qui demeurent méthodologiquement valides.
Une étude désormais publiée, mais toujours génératrice d’hypothèses
Le premier changement est important : il ne s’agit plus d’un simple abstract de congrès. L’étude a fait l’objet d’un article complet publié dans une revue scientifique.
Il n’est donc plus exact d’écrire que les résultats ne sont « pas publiés » ou qu’ils n’ont pas été évalués par les pairs.
Cette publication améliore la traçabilité du travail et permet une analyse plus précise de son protocole. Elle ne modifie toutefois pas la nature du design : les auteurs décrivent eux-mêmes leur étude comme une étude prospective, monocentrique, à un seul bras, destinée à mesurer une prévalence et génératrice d’hypothèses.
Le terme « prospective » peut ici prêter à confusion. Le recrutement, le questionnaire et la coloscopie ont bien été organisés prospectivement. En revanche, les participants n’ont pas été suivis pendant plusieurs années afin de mesurer l’apparition de nouveaux adénomes ou de cancers.
Il s’agit donc, sur le plan épidémiologique, d’une étude transversale de prévalence : une photographie coloscopique réalisée à un moment donné.
Elle mesure la proportion de participants présentant déjà une lésion, mais ne mesure ni une incidence, ni une vitesse d’apparition, ni un risque futur.
Population et protocole
L’analyse définitive porte sur 94 coureurs, âgés de 35 à 50 ans, dont 54,3 % étaient des femmes. L’âge médian était de 42 ans.
Pour être éligibles, les participants devaient avoir réalisé :
au moins deux ultramarathons de 50 km ou plus ;
ou au moins cinq marathons.
À noter : la publication définit le critère comme ≥2 ultramarathons de 50 km, tandis que l’enregistrement ClinicalTrials.gov indique ≥2 courses de 50 miles. Cette discordance entre le registre et la publication ne peut pas être résolue à partir des informations publiques disponibles.
Ils ne devaient pas avoir bénéficié d’une coloscopie au cours des dix années précédentes.
Les principales exclusions étaient :
une maladie inflammatoire chronique de l’intestin ;
une polypose adénomateuse familiale ;
un syndrome de Lynch.
Chaque participant a rempli un questionnaire puis bénéficié d’une coloscopie. L’objectif principal était d’estimer la prévalence des adénomes, notamment des adénomes avancés.
Un adénome était considéré comme avancé s’il présentait au moins l’un des critères suivants :
une taille supérieure ou égale à 10 mm ;
une architecture villeuse ou tubulovilleuse ;
une dysplasie de haut grade.
Cette définition est classique dans les études portant sur la néoplasie colorectale.
Un adénome avancé n’est cependant pas un cancer. Il s’agit d’une lésion associée à un potentiel d’évolution supérieur à celui d’un petit adénome tubulaire sans dysplasie de haut grade. Tous les adénomes avancés n’évolueront pas vers un cancer, notamment parce qu’ils sont détectés et réséqués.
Résultats définitifs
Parmi les 94 participants :
39 présentaient au moins un adénome, soit 41,5 % ;
14 présentaient au moins un adénome avancé, soit 15,0 % ;
l’intervalle de confiance à 95 % de cette estimation était compris entre 8,4 et 23,7 % ;
aucun cancer colorectal n’a été diagnostiqué.
La majorité des lésions avancées étaient localisées dans le côlon droit.
Le chiffre central est donc correctement formulé ainsi :
Dans cet échantillon sélectionné de 94 coureurs d’endurance, 14 participants présentaient au moins un adénome avancé, soit une prévalence observée de 15,0 %.
Il ne doit pas être transformé en :
Les ultramarathoniens ont 15 % de risque de développer un cancer du côlon.
L’étude ne mesure pas le risque futur de cancer et aucun cancer n’a été identifié dans la cohorte.
Ce que la publication oblige à corriger
L’effectif analysé :
Le résumé de congrès rapportait initialement 100 participants. L’article définitif analyse 94 participants ayant réalisé la coloscopie.
La publication finale doit désormais constituer la source de référence.
Les symptômes digestifs n’étaient pas exclus
L’abstract initial ne rapportait pas le profil symptomatique détaillé de la cohorte. L’article complet montre que celui-ci différait de celui de la population historique asymptomatique utilisée comme référence.
Ce n’est pas le cas. L’article précise au contraire que le profil symptomatique des coureurs différait de celui de la population historique utilisée comme référence.
Cette différence est essentielle, car des participants présentant des saignements après l’effort ou d’autres symptômes digestifs ne sont pas directement comparables à une cohorte historique explicitement asymptomatique. Les auteurs reconnaissent eux-mêmes cette limite dans leur conclusion.
Il est excessif de dire qu’aucune donnée de mode de vie n’a été recueillie
Les participants ont rempli un questionnaire. Le résumé initial précisait notamment que celui-ci portait sur les habitudes alimentaires, intestinales et la pratique de la course.
La critique ne doit donc plus être :
« Les facteurs de mode de vie n’ont pas été mesurés. »
La formulation correcte est plutôt :
Certains facteurs ont été recueillis, mais l’absence de groupe témoin contemporain et le faible nombre d’événements ne permettent pas d’en contrôler suffisamment l’effet ni d’isoler l’effet propre de la course.
Avec seulement 14 participants présentant un adénome avancé, un modèle multivarié comportant de nombreuses covariables serait de toute façon exposé à un risque majeur de surajustement et d’instabilité.
Une ancienne critique doit être retirée : la « surdétection » liée au nombre de coloscopies
Une critique fréquemment formulée était la suivante :
Tous les coureurs ont eu une coloscopie, alors que seule une minorité de la population générale est coloscopiée. Il est donc logique de trouver davantage de polypes chez les coureurs.
Cette remarque est pertinente lorsqu’on compare des proportions de lésions diagnostiquées à l’échelle de populations dont les taux d’exploration diffèrent.
Elle ne permet toutefois pas d’expliquer la comparaison principale de cette étude.
Le taux historique de 1,2 % utilisé par les auteurs provenait lui aussi d’adultes ayant bénéficié d’une coloscopie de dépistage. Les deux proportions correspondent donc à des lésions détectées lors d’une coloscopie.
Le problème n’est pas que les coureurs ont tous été examinés alors que les témoins ne l’auraient pas été.
Le problème est que les coureurs et la population historique n’ont pas été recrutés dans les mêmes conditions et ne sont pas nécessairement comparables.
Les limites
La limite principale : l’absence de groupe témoin contemporain
L’étude ne comprend aucun groupe de non-coureurs recruté parallèlement.
Pour répondre correctement à la question causale, il aurait idéalement fallu comparer les 94 coureurs à des participants :
du même âge ;
de même sexe ;
issus de la même zone géographique ;
présentant un profil symptomatique comparable ;
ayant des antécédents familiaux et métaboliques comparables ;
soumis aux mêmes critères d’inclusion ;
bénéficiant d’une coloscopie réalisée selon le même protocole ;
avec une interprétation anatomopathologique standardisée.
À la place, les auteurs ont comparé les 15 % observés à une prévalence historique de 1,2 %, rapportée chez des adultes asymptomatiques, considérés à risque moyen, âgés de 40 à 49 ans et soumis à une coloscopie de dépistage.
Cette comparaison permet de calculer un rapport brut entre deux prévalences, mais elle ne permet pas d’estimer de façon fiable un sur-risque attribuable à la course.
15 / 1,2 = 12,5 est donc un rapport brut de prévalences entre deux cohortes non directement comparables, et non un risque relatif causal associé à la course.
La formulation méthodologiquement acceptable est :
La prévalence observée était de 15 %, contre une référence historique de 1,2 % sélectionnée par les auteurs. L’absence de groupe témoin contemporain empêche de convertir cet écart en estimation fiable du sur-risque associé à la course.
Le chiffre de un virgule deux % n’est pas une prévalence universelle
Les données contemporaines montrent également que le taux historique de 1,2 % ne constitue pas une valeur universelle.
Une méta-analyse publiée en 2026, regroupant 19 études et 7,2 millions de coloscopies, estime la prévalence de la néoplasie avancée à 3,3 % chez les 40–44 ans et 4,5 % chez les 45–49 ans. L’hétérogénéité entre les études était cependant très importante (I² >97 %).
Dans le registre national américain GIQuIC, la prévalence de néoplasies avancées était de 5,0 % chez les sujets à risque moyen de 45–49 ans. Ladabaum et al. rapportaient quant à eux 6,3 % d’adénomes avancés chez les 45–49 ans lors d’une première coloscopie de dépistage.
Ces chiffres ne sont pas interchangeables : les populations, tranches d’âge et définitions diffèrent, et la “néoplasie avancée” est un critère plus large que le seul “adénome avancé”.
Ils permettent de contextualiser le signal observé chez les coureurs, mais aucun de ces travaux ne constitue un groupe témoin de l’étude de Swain et al.
Il serait donc tout aussi incorrect de remplacer le ratio brut de 12,5 par un autre multiplicateur arbitraire de 3 ou 4
Biais de sélection potentiel
Le recrutement n’était pas probabiliste : ClinicalTrials.gov indique un recrutement par flyers lors d’événements d’endurance, forums de discussion et invitations liées aux courses. Les participants devaient ensuite accepter de participer à l’étude et de bénéficier d’une coloscopie.
Ce mode de recrutement expose à une auto-sélection des volontaires. Il est impossible de déterminer si cette sélection a augmenté ou diminué la prévalence observée.
L’échantillon ne peut donc pas être supposé représentatif de l’ensemble des marathoniens et ultramarathoniens.
Hétérogénéité de l’exposition à l’endurance
Le critère d’inclusion réunit sous une même catégorie des expositions très différentes :
deux courses de 50 km ;
cinq marathons ;
plusieurs années de pratique intensive ;
de nombreux ultramarathons de 100 km ou 100 miles.
Ces profils correspondent à des doses d’exposition à l’endurance potentiellement très différentes en durée, volume et ancienneté de pratique.
Pour étudier un éventuel effet dose-réponse, il faudrait mesurer de façon standardisée :
le volume annuel et hebdomadaire ;
l’ancienneté de pratique ;
le nombre de compétitions ;
les distances cumulées ;
l’intensité ;
les conditions thermiques ;
les stratégies d’hydratation et de nutrition ;
la fréquence des symptômes digestifs ;
l’utilisation de médicaments au cours des courses.
L’étude actuelle n’a pas été conçue ni dimensionnée pour démontrer une relation dose-réponse.
Temporalité et causalité
La coloscopie montre les lésions présentes au moment de l’examen.
Elle ne permet pas de déterminer :
à quel moment elles sont apparues ;
si elles existaient avant le début de l’ultra-endurance ;
si leur développement est survenu après plusieurs années d’exposition ;
si les personnes concernées avaient un terrain individuel préexistant.
L’un des critères indispensables à une inférence causale, la démonstration que l’exposition précède la lésion, n’est donc pas établi.
Le caractère prospectif du recrutement ne résout pas cette absence de temporalité.
Effectif réduit et imprécision
Quatorze participants présentaient un adénome avancé.
La prévalence ponctuelle est de 15 %, mais son intervalle de confiance à 95 % s’étend de 8,4 à 23,7 %.
Cet intervalle large traduit l’imprécision de l’estimation.
L’étude peut détecter un signal suffisamment inhabituel pour justifier d’autres travaux, mais elle ne permet pas :
des analyses solides selon le sexe ;
une comparaison fiable entre marathoniens et ultramarathoniens ;
l’étude de plusieurs niveaux de dose ;
un ajustement robuste sur de nombreux facteurs confondants ;
l’élaboration d’un score clinique ;
ni la formulation de recommandations de dépistage.
Des mécanismes biologiques proposés, mais non testés
Les auteurs évoquent plusieurs mécanismes possibles :
hypoperfusion splanchnique répétée ;
lésions muqueuses ;
phénomènes d’ischémie-reperfusion ;
inflammation ;
stress oxydatif ;
répétition des cycles de lésion et de réparation.
Ces mécanismes sont biologiquement plausibles dans le contexte de l’endurance extrême.
Ils n’ont cependant pas été directement mesurés dans cette étude. Les chercheurs n’ont pas démontré de chaîne causale reliant l’effort, l’ischémie muqueuse, une anomalie moléculaire et la formation d’un adénome.
L’hypothèse mécanistique doit donc rester présentée comme telle.
Que peut-on conclure ?
L’étude permet de conclure que :
Dans un échantillon sélectionné de 94 coureurs d’endurance âgés de 35 à 50 ans, 14 participants présentaient au moins un adénome avancé, soit une prévalence de 15,0 %.
Elle permet également de conclure que ce résultat est suffisamment inhabituel pour justifier une réplication dans une étude mieux contrôlée.
Elle ne permet pas de conclure que :
l’ultra-endurance provoque les adénomes ;
la course augmente le risque de cancer du côlon ;
le risque est multiplié par 12,5 ;
il existe une relation dose-réponse ;
tous les ultramarathoniens doivent bénéficier d’une coloscopie précoce ;
ou que les recommandations de dépistage doivent être modifiées.
Faut-il modifier le dépistage des coureurs ?
À ce stade, non.
Cette étude isolée ne justifie pas la réalisation systématique d’une coloscopie chez tous les marathoniens ou ultramarathoniens âgés de moins de 50 ans.
Il convient de distinguer deux situations.
Le dépistage organisé
En France, les personnes âgées de 50 à 74 ans, à risque moyen et asymptomatiques, sont invitées à réaliser un test immunologique fécal tous les deux ans. Les sportifs sont concernés au même titre que le reste de la population.
Une bonne condition physique, un poids normal ou une alimentation jugée saine ne dispensent pas du dépistage.
La participation française restait limitée à 30,7 % sur la période 2024–2025, sous le seuil européen acceptable de 45 %.
La démarche diagnostique
La présence de sang dans les selles, d’une anémie ferriprive, d’une modification persistante du transit ou d’autres signes d’alarme ne relève pas du dépistage organisé.
Elle relève d’une évaluation diagnostique individualisée, quel que soit l’âge ou le niveau sportif.
L’intérêt clinique de cette étude est donc moins de promouvoir une coloscopie systématique chez tous les ultra-coureurs que de rappeler qu’un symptôme ne doit pas être automatiquement attribué à une « colite du coureur » sans raisonnement clinique.
L’activité physique reste un élément majeur de prévention
Les résultats de cette petite étude ne renversent pas le corpus épidémiologique général.
Dans une analyse regroupant 1,44 million d’adultes issus de 12 cohortes prospectives, les niveaux élevés d’activité physique de loisir étaient associés à une réduction du risque de cancer du côlon : HR 0,84, soit une différence relative d’environ 16 % entre les niveaux élevés et faibles d’activité.
Une méta-analyse portant sur les adénomes coliques retrouvait également une association inverse entre activité physique et adénomes, avec un RR global de 0,84 et une association plus marquée pour les lésions avancées.
Ces études concernent principalement des niveaux d’activité présents dans les grandes cohortes de population. Elles répondent imparfaitement à la question des expositions extrêmes, prolongées et répétées propres à certains ultramarathoniens.
La formulation correcte est donc :
Dans les grandes cohortes de population, l’activité physique est associée à un risque plus faible de cancer du côlon. Les données spécifiques aux expositions extrêmes de type ultra-endurance restent insuffisantes.
L’exercice après un cancer du côlon
L’activité physique ne joue pas uniquement un rôle dans la prévention primaire.
L’essai randomisé de phase III CHALLENGE a inclus 889 patients ayant été opérés d’un cancer du côlon et ayant terminé une chimiothérapie adjuvante. Les participants ont été assignés à un programme structuré d’exercice pendant trois ans ou à une intervention d’éducation sanitaire.
Après un suivi médian de 7,9 ans, le programme d’exercice était associé à une amélioration significative de la survie sans maladie :
HR 0,72 ;
survie sans maladie à cinq ans : 80,3 % contre 73,9 %.
Les résultats étaient également compatibles avec une amélioration de la survie globale :
HR de décès 0,63 ;
survie globale à huit ans : 90,3 % contre 83,2 %.
Ces résultats concernent une population oncologique précisément définie et un programme structuré ; ils ne doivent pas être extrapolés à tous les cancers ou à toute pratique sportive. Ils constituent néanmoins un niveau de preuve élevé en faveur de l’intégration de l’exercice dans la prise en charge de patients éligibles après un cancer du côlon.
Quel protocole permettrait de répondre à la question ?
La prochaine étude devrait idéalement être :
multicentrique ;
prospective ;
préenregistrée ;
suffisamment dimensionnée ;
dotée d’un groupe témoin contemporain.
Les coureurs et les témoins devraient être appariés ou ajustés sur :
l’âge ;
le sexe ;
les antécédents familiaux ;
le tabac et l’alcool ;
l’alimentation ;
la composition corporelle ;
les pathologies métaboliques ;
les médicaments ;
les symptômes digestifs ;
le contexte socio-économique.
Tous devraient bénéficier :
du même protocole de préparation ;
d’une coloscopie réalisée selon des standards comparables ;
d’une documentation des indicateurs de qualité ;
d’une analyse anatomopathologique standardisée.
L’exposition à l’endurance devrait être quantifiée de façon continue, et non par un simple seuil d’éligibilité.
Enfin, un suivi longitudinal serait nécessaire pour mesurer l’incidence de nouvelles lésions et établir que l’exposition précède leur apparition.
CONCLUSION
La publication de l’article complet constitue une avancée importante par rapport au résumé présenté en 2025.
Elle confirme qu’une prévalence élevée d’adénomes avancés a été observée dans cet échantillon de coureurs. Elle corrige aussi certaines informations initiales et rend plusieurs anciennes critiques inadaptées.
Cependant, l’absence de groupe témoin contemporain, le recours à une référence historique asymptomatique, la sélection des participants, l’effectif limité, l’hétérogénéité de l’exposition et la nature transversale du protocole empêchent toujours d’attribuer ce résultat à l’ultra-endurance.
Le message scientifiquement défendable est donc le suivant :
Cette étude identifie un signal qui mérite d’être reproduit, mais elle ne démontre ni une causalité, ni une augmentation du risque de cancer du côlon chez les coureurs d’endurance.
Elle ne justifie pas d’abandonner ou de limiter la course à pied.
Elle rappelle en revanche trois principes solides :
ne pas banaliser un symptôme digestif uniquement parce qu’il survient chez un athlète ;
participer au dépistage recommandé, même avec une excellente hygiène de vie ;
continuer à promouvoir l’activité physique, dont les bénéfices en prévention et après traitement du cancer du côlon sont soutenus par un corpus scientifique bien plus robuste.
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